Cette
finale fut d’une très grande intensité. Un plateau africain copieux,
comme on en voit très peu. L’affiche est africaine, bien sûr. Mais le
décor, les ingrédients et les protagonistes sont tous tunisiens, plutôt
des autochtones qui jouent dans le championnat national. De l’avis des
observateurs, il y a de la matière locale, et de la bonne matière.
Mais, plus que tout, ces mêmes observateurs insistent sur le fait que,
non seulement, il y a de la bonne matière pour l’Equipe Nationale, mais
il y a aussi, des repères précieux, sortes de balises auxquelles se
réfèrerait tout sélectionneur doté de bon sens.
Nous
avons posé cette question à quatre personnalités sportives de premier
plan : Qui, parmi nos « pros » exerçant à l’étranger, sont
indispensables ? A quelques variantes près, les réponses
convergeaient : Chikhaoui, Hagui, Mikari (et maintenant Ben Frej) !
Au
bout du compte, cette belle finale africaine laisse une sorte
d’amertume. Inévitablement, un paradoxe, un paradoxe récurrent
rebondit : au nom de quel contresens, savamment entretenu, le football
tunisien se place-t-il sur le toit de l’Afrique avec ses clubs et
laisse-t-il stagner l’Equipe nationale ?
Tableau
plutôt contrasté. Et, encore une fois, ce sont les choix du
sélectionneur national qui paraissent avoir déterminé, ou plutôt,
implanté ce contraste.
L’Egypte
remporte deux CAN de suite avec les forces internes. En se basant
essentiellement sur la compétition interne, laquelle, soit dit en
passant, dépasse la nôtre sur tous les plans. C’est un fait.
Les
Egyptiens se sont évité des « distorsions » culturelles au sein de
l’Equipe nationale. Ils ont opté pour l’homogénéité et pour le langage
commun. Chez nous, c’est un croisement difficile de cultures diverses
du football qui ne sont pas faciles à gérer. Nous aurions vu notre
sélection s’appuyer commodément sur le socle étoilé et trois quatre
joueurs sfaxiens eussent été très utiles au sein du groupe.
Cela
dit, Chermiti s’est cyniquement amusé à décupler notre frustration :
s’il avait été aligné titulaire incontestable au Ghana, Chikhaoui
aurait donné le meilleur de lui-même et, nous n’aurions pas encore à
nous mordre les doigts pour la manière, dont nous avons délibérément
décidé de passer à côté de l’objectif.
Raouf KHALSI