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Football - Séniors
La myopie
lundi 25 février 2008
Article 16

Cette finale fut d’une très grande intensité. Un plateau africain copieux, comme on en voit très peu. L’affiche est africaine, bien sûr. Mais le décor, les ingrédients et les protagonistes sont tous tunisiens, plutôt des autochtones qui jouent dans le championnat national. De l’avis des observateurs, il y a de la matière locale, et de la bonne matière. Mais, plus que tout, ces mêmes observateurs insistent sur le fait que, non seulement, il y a de la bonne matière pour l’Equipe Nationale, mais il y a aussi, des repères précieux, sortes de balises auxquelles se réfèrerait tout sélectionneur doté de bon sens.

Nous avons posé cette question à quatre personnalités sportives de premier plan : Qui, parmi nos « pros » exerçant à l’étranger, sont indispensables ? A quelques variantes près, les réponses convergeaient : Chikhaoui, Hagui, Mikari (et maintenant Ben Frej) !

Au bout du compte, cette belle finale africaine laisse une sorte d’amertume. Inévitablement, un paradoxe, un paradoxe récurrent rebondit : au nom de quel contresens, savamment entretenu, le football tunisien se place-t-il sur le toit de l’Afrique avec ses clubs et laisse-t-il stagner l’Equipe nationale ?

Tableau plutôt contrasté. Et, encore une fois, ce sont les choix du sélectionneur national qui paraissent avoir déterminé, ou plutôt, implanté ce contraste.

L’Egypte remporte deux CAN de suite avec les forces internes. En se basant essentiellement sur la compétition interne, laquelle, soit dit en passant, dépasse la nôtre sur tous les plans. C’est un fait.

Les Egyptiens se sont évité des « distorsions » culturelles au sein de l’Equipe nationale. Ils ont opté pour l’homogénéité et pour le langage commun. Chez nous, c’est un croisement difficile de cultures diverses du football qui ne sont pas faciles à gérer. Nous aurions vu notre sélection s’appuyer commodément sur le socle étoilé et trois quatre joueurs sfaxiens eussent été très utiles au sein du groupe.

Cela dit, Chermiti s’est cyniquement amusé à décupler notre frustration : s’il avait été aligné titulaire incontestable au Ghana, Chikhaoui aurait donné le meilleur de lui-même et, nous n’aurions pas encore à nous mordre les doigts pour la manière, dont nous avons délibérément décidé de passer à côté de l’objectif.

Raouf KHALSI


www.letemps.com.tn

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