Accueil - Archives - Photos - Agenda - Annuaires - Champions du
Recherche
Football - Toutes Sections
La violence dans les stades - Ça ne peut plus dure
mercredi 25 février 2009
Article 898

Une étude relevant tout particulièrement de la science physique. Mais qui ne peut expliquer à elle seule ce qui se passe chaque dimanche dans les stades. Les incidents qu’on ne cesse de voir et qui ne cessent de marquer de plus en plus la compétition ne relèvent pas en effet uniquement de la science physique.


Lorsque, au coup de sifflet final du match, les joueurs sont empêchés de regagner les vestiaires et courent à chaque fois le risque d’être blessés par les projectiles que le public a pris l’habitude de lancer, le phénomène dépasse le cadre physique pour entrer carrément dans le domaine social. Les images qui font état de ce genre d’incidents ne cessent de revenir à tel point que les moments les plus difficiles que peuvent éprouver les joueurs, les entraineurs et bien sûr aussi les arbitres, ne sont plus ceux du jeu, mais plutôt ceux qu’ils peuvent subir lorsqu’ils sont de retour aux vestiaires.


Il faut dire que les incidents de chaque dimanche, le football les a sur les bras comme les responsables sportifs sur la conscience. Nous vivons dans un environnement qui fait que la victoire est devenue non seulement indispensable, mais surtout susceptible de s’obtenir à tout prix. Les dirigeants, les responsables de clubs y sont plus impliqués et certainement aussi plus intéressés que les joueurs sur les terrains. Ils ne temporisent pas davantage pour introduire une double manière de débordement et de polémique.


Ils se trouvent être de toutes leurs forces, et de toute leur âme aussi, dans les rangs non seulement de décideurs, mais aussi et surtout d’acteurs cherchant un rôle qui ne leur convient pas, mais qui ne les empêche pas pour autant de conditionner tout un environnement, toute une ambiance. Le public, on le sait, s’identifie psychologiquement à tout ce qu’il voit, à tout ce qu’il entend. Dans leurs discours, dans leurs réactions, ces gens-là pensaient probablement réparer une injustice, mais, au fait, ils en commettaient d’autres.


Cachez-nous ce football et ses partisans qu’on ne saurait voir…

 

Habitués des stades, nous avons vu la situation se dégrader au fil du temps jusqu’au jour où nous serons certainement contraints d’interdire à nos enfants de s’y rendre quand c’était autrefois un si grand plaisir d’en prendre le chemin et d’en revenir après en refaisant le match. Ces moments-là, nous les avons vécus pleinement et jusqu’au bout, mais nous craignons que les nouvelles générations n’en auraient pas l’opportunité, et encore moins le plaisir. Ça serait vraiment dommage. Dommage pour tout ce qu’elles seront enclines de rater, et peut-être bien de gâcher!...


Il serait dommage aussi que le football soit la victime de ce qui se passe actuellement. Il serait ainsi la victime d’un environnement dont les structures et la nature le destinent à produire un circuit interactif intense entre les tribunes et les terrains que nul autre sport ne provoque ainsi. La violence du jeu électrise la violence des supporters, comme l’avait montré l’étude allemande dont nous faisions référence au début.


Il serait aussi la victime, même de façon involontaire, d’un déclenchement de phénomènes identitaires prononcés et intolérants bien au-delà de la fréquentation des stades.


Il serait également la victime de l’indécent spectacle d’une activité envahie par l’argent et l’affairisme, et d’une chasse à l’arbitre comme une première chasse à l’homme.


Il serait enfin la victime bien déclarée des instances qui refusent depuis longtemps de regarder le problème des pratiques des supporters dans les stades quand elles ne s’en saisissaient pas comme d’un phénomène social. Tout le monde feint de s’étonner ou de s’indigner. Cachez- nous ce football et ses partisans qu’on ne saurait voir…


Dans son nouveau contexte, dans sa nouvelle version, le football semble donc importer une violence que, livré à lui-même et en dépit des meilleures intentions du monde, il n’est pas en mesure de contrôler seul, ou encore d’éradiquer.


On ne se débarrassera pas comme ça des mauvaises habitudes ou de tant d’accumulations. C’est le sentiment d’une tromperie. L’impression d’un divorce. Le constat de nouveaux ravages par les retombées du football passion dans les rangs du football business…


www.lapresse.tn

Programme de la semaine
Sondages
Newsletter

Pour recevoir gratuitement la newsletter de Ryadha.com, Veuillez simplement cliquer sur le bouton ci-dessous